Mardi 6 Janvier 2009

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Cabinet de recrutement : Walter

Cabinet de recrutement : WalterAttentisme, tassement des embauches, plans sociaux : les jeunes diplômés connaissent-ils en ce début d'année les mêmes difficultés que leurs aînés il y a dix ans ? Sont-ils mieux préparés pour les affronter ? Pour le savoir, nous avons interrogé Roger Walter, Directeur du cabinet Walter.
Fondé en 1987 et implanté à Paris, Lyon, Colmar et Sarrebruck, le cabinet Walter s'est spécialisé exclusivement dans le recrutement par approche directe de cadres et de dirigeants.

Direct Emploi : Les jeunes diplômés se retrouvent-ils confrontés aux mêmes difficultés dans leur recherche d'emploi que leurs aînés de 2003 ?

Roger Walter : La situation était beaucoup plus grave en 1992 ! Tout était décalé à cette époque et, faute de choix, les ingénieurs prenaient les places traditionnellement réservées aux techniciens. Il va sans dire que la situation était catastrophique pour ces derniers. Il était fréquent également qu'un ingénieur mette un an avant de trouver un emploi. Tel n'est pas le cas aujourd'hui.

Pour l'instant, le contexte reste favorable aux jeunes diplômés même s'ils ont un peu moins de choix et un peu moins de latitude pour négocier leur feuille de salaire. Toutefois, bien malin qui saurait dire si la crise est derrière nous ou devant nous !

Direct Emploi : Quels sont les secteurs qui recrutent le plus ?

Roger Walter : Le marché reste actif et il y a toujours des besoins dans les domaines de l'industrie et du tertiaire. Même si certaines entreprises connaissent des difficultés, il n'y a pas de secteur véritablement sinistré, et les groupes qui savent anticiper et qui ont un vrai culte du client ne devraient pas être trop éprouvés.

Il y a également de nombreux postes à pourvoir dans la qualité et la logistique, le commerce, les finances, le marketing, la gestion, les ressources humaines : en somme un peu partout...

Direct Emploi : Les jeunes diplômés sont-ils mieux préparés à la recherche d'emploi ?

Roger Walter : Il y a un léger mieux mais il reste beaucoup à faire, alors que la préparation est essentielle ! Sur ce plan, les écoles de commerce sont en avance par rapport aux écoles d'ingénieurs. Celles-ci avaient pris tellement de retard qu'elles ne pouvaient que s'améliorer. Il est vrai que désormais les politiques de stage sont plus intéressantes avec davantage d'ouverture vers l'extérieur et des stages à l'étranger.

Internet a également facilité cette préparation dans la mesure où les jeunes y trouvent une mine de renseignements sur les entreprises qui les intéressent, à condition bien sûr qu'ils consentent à faire cet effort…

Direct Emploi : Quels sont les grands changements que vous percevez entre cette génération et celles qui l'ont précédée ?

Roger Walter : Durant les périodes fastes que nous avons connues ces dernières années, certains se comportaient de façon très désinvolte ! On peut souhaiter que les difficultés présentes les amènent à plus de correction et les rendent plus responsables… Cela les incitera peut-être à approfondir davantage leur projet et à se poser de bonnes questions sur ce qu'ils veulent vraiment faire et sur la façon dont ils veulent gérer leur carrière.

Direct Emploi : Leur demande-t-on de nouvelles compétences ?

Roger Walter : Le profil nouveau est vraiment celui de l'expert généraliste, spécialiste en son domaine et capable de communiquer en interne avec l'ensemble des services, et avec tous les prestataires externes.

Un jeune cadre qui souhaite évoluer, excellera dans son domaine et sera aussi un très bon généraliste.

Direct Emploi : Quels conseils donneriez-vous aux jeunes diplômés en ce début d'année ?

Roger Walter : Plutôt que de songer en priorité au contenu de la fiche de paye, aux trente-cinq heures ou aux RTT, ils devraient raisonner avant tout en termes de carrière : ils doivent en effet miser sur le long terme. Il ne s'agit donc pas de « trouver un job » à tout prix, surtout quand on est parvenu à un niveau bac + 5, mais de « démarrer une carrière » qui peut durer quarante ans !

D'autant qu'il devient aujourd'hui très difficile de se remettre en cause après cinq ou dix années dans un même secteur. Quand on a passé dix ans dans la chimie ou le plastique, il est très difficile d'en sortir. Les jeunes d'aujourd'hui ne bénéficieront pas de cette souplesse qui était offerte à leurs aînés.

C'est pourquoi il est bon de chercher à intégrer des groupes qui donnent accès à des changements de métiers, d'autant que beaucoup d'entre eux bougent et encouragent la mobilité. Un jeune qui intègre une entreprise doit se préoccuper de la qualité des dirigeants, de la politique de recrutement et des perspectives d'évolution.

Pour en savoir plus :
Cabinet Walter
Siège social : 104 bis rue Jean Burger
57070 Saint Julien - Les Metz
03 87 76 18 00
www.cabinet-walter.com
walter@cabinet-walter.com