12 Octobre 2008

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ESIEA

Association : ESIEALes Anciens Elèves ESIEA (ÉCOLE SUPÉRIEURE D'INFORMATIQUE ÉLECTRONIQUE AUTOMATIQUE) représentent un réseau de 4500 diplômés répartis sur plus de 40 promotions et présents dans près de 1700 entreprises en France et à l'Étranger. Entretien avec Philippe CIUCIU - promo 1996 - Fonction : chercheur à l'unité de neuroimagerie anatomo-fonctionnelle du Service Hopitalier Frédéric Joliot (CEA : Commissariat à l'énergie atomique)

Les Activités Anciens Elèves, entité du Groupe ESIEA ont pour vocation de faire vivre le réseau des Anciens de l'ESIEA pour que même après 5 ans de formation, sur le marché professionnel, les liens ne soient pas rompus.
Les missions de l'association sont les suivantes :

  • Etablir entre tous les membres des relations amicales, relier successivement les promotions nouvelles aux promotions antérieures.
  • Faciliter les moyens d'étendre leurs connaissances, d'échanger des renseignements d'ordre professionnel et technique.
  • Procurer à ses membres, dans la mesure du possible, des fonctions ou des emplois en France ou à l'étranger ;

Plus de 200 Anciens Elèves reçoivent ainsi les offres du Service emploi, certains pour se tenir informés de l'évolution du marché, les autres en recherche d'emploi active. Le Service Emploi est aussi un relais auprès des entreprises qui recrutent : information sur les jeunes diplômés et Anciens ESIEA, promotion de l'annuaire des Anciens, participation au Salon de l'Ingénieur organisé par le CNISF…

Philippe CIUCIU mène des travaux sur l'analyse temporelle de la réponse du cerveau à des stimuli extérieurs (visuels, auditifs,...). Cette analyse, fondée sur des techniques évoluées de traitement du signal, est réalisée sur des données d'Imagerie par Résonance Magnétique fonctionnelle (IRMf), dont le pouvoir localisateur des activations cérébrales est désormais bien connu.
Philippe CIUCIU a présenté en mars 2004 une conférence sur l'Imagerie cérébrale fonctionnelle lors de la semaine scientifique de l'ESIEA.

Quel a été votre parcours après l'obtention de votre diplôme d'ingénieur ESIEA ?

Diplômé de l'ESIEA en 1996, j'ai mené en parallèle des études universitaires (DEA) en automatique et traitement du signal à l'université Paris-Sud, où j'ai par la suite effectué ma thèse. J'ai eu l'opportunité de donner des cours à l'ESIEA pendant cette période grâce à un enseignant. Notamment, j'ai participé à la mise en place des ateliers scientifiques en 1ere année, qui constituait une bonne opportunité pour donner aux étudiants une idée de l'utilité des matières scientifiques dans le monde qui nous entoure. Mon parcours peut inciter ceux qui sont intéressés par le domaine scientifique à aller de l'avant : c'est la preuve qu'un objectif professionnel comme le mien est réalisable.

Quelle a été votre motivation pour participer à la semaine scientifique organisée pour les élèves de l'ESIEA cette année en tant qu'Ancien Elève ?

Pour moi, ces rencontres avec les élèves de l'ESIEA sont une occasion privilégiée de montrer qu'en sortant de l'Ecole, un diplômé n'est pas forcément cantonné au domaine informatique (pour lequel le marché est plus difficile qu'il y a quelques années), et qu'il est tout à fait possible d'envisager une carrière scientifique.

J'espère – par la présentation de mon travail – réussir à intéresser des élèves, et leur faire découvrir l'intérêt d'une double expérience en ingénierie et en sciences cognitives. Je suis persuadé en effet que les doubles compétences devront être au coeur des réformes universitaires, à l'instar de ce qui se passe déjà dans les pays d'Europe du Nord (Danemark, Finlande) ou plus proches (Allemagne).

Cette préoccupation est en partie prise en compte dans les études de doctorat en France puisque les étudiants doivent maintenant suivre des cours dans des domaines connexes à leur formation. C'est ainsi que depuis quelques années les secteurs des sciences et technologies de l'information et celui du génie biomédical, l'imagerie en particulier, se sont rapprochés.

Désormais, il apparaît inconcevable d'investir massivement dans des machines tels que une IRM, une caméra TEP (Tomograhpie à Emission de Positons) sans développer en parallèle des compétences pour l'analyse des données issues de ces différentes modalités.

Si la plupart des centres de recherches (INSERM, Hôpital Pitié-Salpétrière, CEA) développent de nouvelles capacités d'analyse de ces données in situ, la plupart des hôpitaux (eg Necker Enfants Malades, Saint Anne, ...) tissent des liens vers l'exterieur pour favoriser les interactions avec ces centres de recherche à des fins cliniques. Les sciences du cerveau constituent un exemple particulièrement important illustrant ce rapprochement inter-disciplinaire, que ce soit pour l'étude du cerveau sain (sciences cognitives) ou pathologiques (neurologie, physiopathologie, psychiatrie, cf Article du Monde du 14 avril 2004).

Cette situation est due aux quantités gigantesques d'informations manipulées pour analyser les fonctions cérébrales : bientôt 10 Go par examen IRMf, pour une expérience chez un sujet, alors qu'il est nécessaire de répéter au moins la même expérience chez une vingtaine d'individus afin d'inférer un comportement au niveau d'une population (groupe de malades ou groupe contrôle).

Le cerveau est l'organe le plus méconnu (seulement 10 % de ces fonctions sont bien établis), et le seul qui resiste encore à l'ordinateur (l'imagerie de la conscience n'est pas encore pour demain). Il devrait donc motiver des étudiants particulièrement attirés par l'informatique, d'autant que de grands projets européens tels que NeuroSpin (www.neurospin.org) devraient voir le jour dans les prochaines années. Ce domaine, notamment les sciences du cerveau, sera en pleine expansion dans les prochaines années.