Mardi 14 Octobre 2008
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Des innovations récentes qui ont fait fortement augmenter le nombre d'adhérents aux initiatives originales en faveur des étudiants, on ne manque pas d'idées à l'Aigisen. Philippe Merle, Président de l'Association, évoque pour nous toutes les actions men ées pour maintenir la vitalité du réseau.
Direct Emploi : L'ISEN compte trois campus : l'Association fédère-t-elle les trois écoles ?
Philippe Merle : L'Association fédère en effet les ingénieurs des trois écoles ce qui fait près de 4800 diplômés dont 25% de cotisants. Depuis quelques mois, les trois écoles portent le même nom dans un souci de cohérence et de lisibilité. L'ISEN signifie désormais l'Institut Supérieur de l'Électronique et du Numérique.
Direct Emploi : Il y a bien entendu un système de relais dans les trois campus ?
Philippe Merle : Nous avons bien sûr des représentants locaux sur les deux autres campus et des groupes régionaux hors écoles. Le groupe de Toulon est très actif mais celui de Brest souffre du manque d'ingénieurs et du manque d'entreprises de la région. Néanmoins, nous aurons sous peu un délégué général qui va fédérer et dynamiser les activités des trois groupes.
Direct Emploi : Quelles sont les grands changements que vous avez apportés à l'Association depuis que vous en êtes Président ?
Philippe Merle : Parmi les innovations que nous avons apportées, il y a tout d'abord le fait d'intégrer systématiquement les étudiants dans l'Association. Pour une cotisation dont le montant demeure très symbolique et qui est intégrée dans leurs frais de scolarité, ils deviennent adhérents. Notre objectif était de leur montrer que nous tenons vraiment à les accompagner dès leur entrée en cycle d'ingénieur.
Direct Emploi : Comment ont-ils réagi à cette initiative ?
Philippe Merle : Il n'y a pas eu de phénomène de rejet, ce qui est déjà bon signe ! Globalement, l'idée a été bien reçue. Il faut dire que nous avons accompli un gros travail de communication pour leur expliquer ce que nous avions à leur apporter et ce que nous leur devions mais aussi ce que nous pouvions attendre d'eux. A côté de cela, nous organisons à leur intention des forums de rencontre avec nos ingénieurs et des présentations de métiers. Comme les programmes de l'Isen sont d'une grande diversité, nous pouvons leur conseiller les pistes qui sont très porteuses comme les nanotechnologies ou au contraire les mettre en garde contre celles qui sont saturées. Enfin, nous organisons des simulations d'entretien d'embauche.
Direct Emploi : Quelles sont vos initiatives dans le domaine de l'emploi et de la gestion des carrières ?
Philippe Merle : Nous disposons de deux sites internet : le premier présente les événements de l'Association, le second est consacré aux offres d'emploi et les adhérents peuvent également y déposer leur CV. Cette bourse d'offres est reliée à L'APEC et sélectionne des offres propres à nos ingénieurs que peuvent consulter nos cotisants et les étudiants. Ces innovations récentes ont fait fortement progresser nos adhésions car les offres d'emploi représentent une vraie valeur ajoutée pour une association de diplômés.
Direct Emploi : Avez-vous le sentiment que les recrutements reprennent depuis ce début d'année ?
Philippe Merle : Il y a en ce moment peu d'offres et les choses reprennent très frileusement. Les ingénieurs en fonction ou qui possèdent une solide expérience ne sont pas inquiétés, mais le contexte est plus difficile pour les jeunes diplômés et les seniors. On peut cependant espérer une vraie reprise d'ici deux ou trois ans. Il y aura à ce moment une vraie demande dans le numérique et l'électronique. Dans les entreprises, beaucoup de projets ont été gelés faute de moyens et par peur de l'avenir mais cela ne peut durer et il y aura bientôt un réel besoin de main d'œuvre.
Direct Emploi : En dehors de l'emploi, que faites-vous pour maintenir la vie du réseau ?
Philippe Merle : Nous organisons des repas et encourageons toutes les réunions ou les anniversaires de promos. Tout dépend bien sûr des bonnes volontés. Je crois qu'une association se crée dès les années d'école et non après. C'est ce message que nous essayons de faire passer auprès des jeunes. Nous étions auparavant trop peu présents auprès d'eux. Aujourd'hui, nous voulons développer un système de parrainage individuel ou collectif dès la première année. Dès le jour de la rentrée, les étudiants rencontreront quelqu'un de l'Association.
Enfin, nous souhaitons relancer l'idée de congrès qui avait été abandonnée. L'École fêtera ses cinquante ans dans deux ans et nous voudrions organiser un grand congrès à cette occasion qui réunirait à la fois les ingénieurs et les étudiants.
Direct Emploi : Quel rôle peut jouer une association dans les choix académiques de l'école ?
Philippe Merle : Nous sommes très présents sur les trois campus et très vigilants sur la manière dont sont mis en place les programmes. Nous nous voulons vraiment partie prenante car notre connaissance du terrain ne peut que contribuer à améliorer la qualité des enseignements et développer sa notoriété. Cela se fait en parfaite intelligence avec l'école et dans un esprit de respect mutuel.