Vendredi 16 Mai 2008
Tous les Fils RSS EmploiAccueil > Dossier emploi : Grande Distribution > Cabinet de recrutement
Les métiers de la distribution évoluent avec la taille des magasins, la mondialisation et les nouvelles technologies. A la tête d'un des rares cabinets de recrutement 100% spécialisés sur le secteur de la distribution, Romain Marquis, lui-même ancien directeur d'un réseau de vente, nous explique ces tendances.
DirectEmploi : Quelques mots sur votre cabinet. Pourquoi votre positionnement ultra spécialisé ?
Romain Marquis : « Nous sommes une petite structure, avec trois consultants, créée en 2000. Basés à Paris, nous intervenons sur toute la France et ponctuellement à l'international. Notre credo : le sur-mesure. Notre vocation est essentiellement le recrutement, mais aussi marginalement le coaching. Nous sommes centrés sur les métiers de la distribution au sens large, avec une orientation particulière vers la distribution spécialisée. Nous intervenons ainsi dans le secteur dit de « l'équipement de la personne et de la maison ».
Le cabinet a adopté ce positionnement à la fois par opportunité et pour répondre à un besoin des recruteurs. Avant de créer le cabinet, j'étais moi-même directeur de magasins puis directeur d'un grand réseau spécialisé. Passionné de ressources humaines (j'ai une formation de psycho socio), et ayant occupé des postes opérationnels, j'ai pu constater que la plupart des cabinets de recrutement manquaient d'expertise métiers pour traiter les postes de la distribution, grande ou moins grande, généraliste ou spécialisée.
Dans notre secteur, nous travaillons ainsi pour le Groupement des Mousquetaires, Orcanta, Morgan, BodyShop, etc. »
DirectEmploi : Pour quels postes recrutez-vous ?
Romain Marquis : « Essentiellement les fonctions opérationnelles. Sur le terrain : directeur de magasin, chef de rayon (appelé « adjoints » dans la distribution spécialisée), directeur commercial, directeur régional... En centrale d'achat intégrée : chef de produit, acheteur, responsable de logistique... »
DirectEmploi : Quels changements constatez-vous dans ces métiers ?
Romain Marquis : « L'agrandissement des chaînes a engendré une harmonisation des achats, via des centrales. On a donc vu les métiers évoluer en conséquence : schématiquement on est passé d'un monde d' « acheteurs » à un monde le « managers ». Il y a peut-être moins de créativité, mais les professionnels de la distribution sont plus concentrés sur leur cœur de métier. L'heure est donc à une plus grande spécialisation. Typiquement, un chef de rayon n'achètera plus en direct auprès d'un producteur, mais il passera par la centrale de son enseigne. En contrepartie, il sera à 100% sur son business. »
Côté acheteurs, la concurrence et la mondialisation ont entraîné une massification des achats et une globalisation des approches du fait des délocalisations. Enfin, les nouvelles technologies, avec l'usage de tableaux de bord par exemple, ont permis une vision très pragmatique.
On peut dire en résumé que la distribution, de façon un peu paradoxale, produits des profils de moins en moins commerciaux et de plus plus gestionnaires. »
La grande distribution est encore un secteur où l'on peut faire une belle carrière. La mobilité est grande : j'en connais plusieurs qui vont devenir PDG prochainement, après seulement 8 ou 10 ans dans le métier. C'est ce qui en fait un secteur motivant : ça bouge ! D'autre part, il ne faut pas croire que les cadres font 60 ou 70 h par semaine. Ce qui était vrai il y a 20 ans ne l'est plus aujourd'hui. Un cadre fait aujourd'hui 45 h grand maximum et, de toute façon, on se rend bien compte que travailler 70 h n'est pas la solution... »
DirectEmploi : Quelles sont les particularités métier de la distribution spécialisée ?
Romain Marquis : « Dans la distribution spécialisée, de façon générale les critères sont plus qualitatifs. Le client est considéré en tant qu'individu contrairement à la grande distribution où l'on raisonne plus en termes de « masse ». Les techniques de vente liées à l'image sont plus fortement développées, la théâtralisation du produit y est plus marquée. Les ventes par association d'articles complémentaires sont plus fréquentes. Disons que le métier est plus technique, et plus riche aussi, avec des critères d'efficacité supplémentaires comme le taux de transformation (rapport entre les personnes qui achètent et celles qui entrent). »
Pour en savoir plus : www.marquisconseil.com
Voir également : Entretien avec SUPERMARCHES MATCH - Entretien avec AUCHAN.