Mardi 14 Octobre 2008
Tous les Fils RSS EmploiAccueil > Dossier emploi : Jeunes diplômés > Emploi
Entretien avec Bernard Ramanantsoa, Directeur d'HEC.
Après une année particulièrement difficile pour les jeunes diplômés de la promotion 2003, l'enquête annuelle de la Conférence des Grandes Ecoles révèle que la promotion 2004 s'en est beaucoup mieux sortie. Une tendance qui devrait se confirmer pour tous ceux qui arrivent sur le marché de l'emploi en 2005.
Chaque année, la Conférence des Grandes Ecoles publie une enquête sur l'insertion des jeunes diplômés. Le bilan 2004, au contraire de l'année précédente, révèle une amélioration significative : « On peut clairement parler d'une embellie, confirme Bernard Ramanantsoa, directeur d'HEC . Nous avons tout d'abord accueilli ces chiffres avec précaution, mais l'on peut désormais vraiment parler d'une amélioration significative par rapport à l'année précédente.
Les taux d'emploi ont augmenté de façon importante puisqu'ils sont passés de 69% à 74,5% toutes écoles confondues. »
Les élèves des écoles de commerce se placent mieux que les ingénieurs
De l'enquête, il ressort également que les élèves des écoles de commerce et de management s'en sortent mieux que les ingénieurs. Un paradoxe, quand on songe à la pénurie des profils scientifiques. « C'est en effet un paradoxe qui mérite d'être souligné, commente Bernard Ramanantsoa. Cela montre que les offres d'emploi ne sont pas au niveau où l'on pourrait les attendre. Il est vrai aussi que les élèves des écoles de commerce se placent traditionnellement mieux que les ingénieurs ».
Les premiers sont-ils mieux préparés que les seconds ? La plupart des écoles d'ingénieurs ont accentué leurs efforts ces dernières années dans la préparation de leurs élèves à la recherche d'emploi et au projet de carrière, mais il semble que le fossé ne soit pas encore tout à fait comblé.
Départs à l'étranger et poursuite d'études
On observe aussi une augmentation des contrats à l'étranger : «C'est un phénomène intéressant qu'il faut interpréter de manière positive, souligne le directeur d'HEC. Cela veut dire que nos cursus séduisent les entreprises étrangères alors qu'on leur reproche fréquemment d'être peu intelligibles hors de nos frontières. »
En somme, il faut voir ce phénomène non comme une fuite des cerveaux mais comme l'indice d'une forte attractivité de nos formations : « De toute façon, la fuite des cerveaux ne s'évalue que cinq ans après l'arrivée sur le marché d'une promotion, poursuit Bernard Ramanantsoa. Ces chiffres révèlent avant tout que les jeunes Français sont recherchés et adaptables à l'international. »
Autre fait à signaler, la poursuite d'études est légèrement en baisse : « La tendance à poursuivre ses études suit les variables du marché, commente Bernard Ramanantsoa. Elle est moins prononcée quand les perspectives d'emploi sont meilleures. » Elle touche aussi davantage les ingénieurs qui recherchent une double compétence et qui prolongent plus volontiers leurs études vers la recherche.
Des jeunes diplômés assez peu mobiles
Alors qu'on les dit de plus en plus volages et que les entreprises ont du mal à les fidéliser, on découvre que 80% des diplômés de la promo 2003 occupent toujours le même poste un an après. Une tendance qui reste quand même propre aux écoles d'ingénieurs et de commerce alors que les étudiants issus de l'université tâtonnent beaucoup plus dans la recherche de leur premier emploi et trouvent moins facilement un poste en adéquation avec leur formation.
Voir également : Entretien avec BRED.