Mardi 13 Mai 2008
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Des rêves d'Eldorado aux restructurations voire à la disparition des plus grands groupes, il n'est guère de domaine économique qui ait connu autant de soubresauts que les télécoms et l'électronique. Il semble cependant que les années noires soient derrière vous, et si l'on embauche encore au ralenti, au moins, on ne licencie plus !
Les années noires
Si les années 99 et 2000 ont été fastes, les suivantes ont vu les inconditionnels des nouvelles technologies obligés de faire le deuil de leurs illusions. Elles ont vu l'éclatement de la bulle internet, des restructurations incessantes et des licenciements par vagues successives à tel point que l'Union Européenne a dû venir en aide aux entreprises sinistrées des télécommunications.
Désormais, le regroupement des opérateurs converge vers des pôles de cinq à six grands acteurs par pays, réduisant considérablement les perspectives d'emploi dans le secteur des télécommunications. Aux Etats-Unis, 1,7 million de postes ont été supprimés en 2001 et 1,3 million en 2002. En France, dans la seule journée du 26 juin 2002, Alcatel annonçait 10 000 suppressions d'emplois et Worldcom 16 000. Dès 2001, les secteurs des télécoms, des réseaux et de l'électronique sont les premiers à lancer des plans sociaux de grande envergure. Les plus vulnérables sont bien sûr les salariés dont le travail peut être effectué à moindre coût dans un autre pays. Mais ces dénouements souvent dramatiques ont des prémisses bien plus anciens. Depuis vingt ans, le milieu des télécoms connaît des rebondissements spectaculaires...
1984-2004 : des rebondissements incessants et une image à reconstruire
Dans le secteur des télécoms, la peur des licenciements ne date pas d'aujourd'hui : au milieu des années 80, la libéralisation du secteur pouvait faire redouter des coupes drastiques dans les effectifs. Ces perspectives n'avaient rien d'absurde dans un contexte où les principaux opérateurs s'attendaient à des pertes importantes de part de marché. A l'époque, personne n'imaginait encore l'explosion des mobiles et d'internet !
Cette évolution - on ferait mieux de dire ces révolutions ! - a eu des conséquences très variables sur le marché de l'emploi. Au départ, les opérateurs traditionnels ont mené une politique d'assainissement que la création de postes chez les nouveaux opérateurs n'a pas suffi à compenser. Après cette première vague de départ, la situation s'est équilibrée au début des années 90 entre les départ et les créations liés à de nouveaux services.
Les premiers à en bénéficier ont été les États-Unis et l'Angleterre. Dans ces deux pays, dès 1997, la courbe de l'emploi s'est inversée avec le développement d'internet qui a permis la création des fournisseurs d'accès ainsi que l'éclosion des opérateurs locaux. Elle s'est amorcée plus tardivement dans les pays de L'union Européenne. Entre 1990 et 1998, les dix principaux opérateurs européens auraient perdu près de 160 000 emplois dans leur marché respectifs. Mais comme dans le même temps les nouveaux arrivants en créaient autant au cours des trois dernières années, le solde est vite devenu positif avec une moyenne de 9000 créations d'emploi pour la dernière année de la décennie.
A la fin des années 1990, près de 14 000 personnes travaillaient en France pour des opérateurs de réseaux avec en tête Cégetel et Bouygues, et 6000 chez les revendeurs ou distributeurs. Depuis, les recrutements chez France Télécom n'ont cessé de diminuer progressivement avec une moyenne de 2 à 3 % par an. Heureusement, dans le marasme de ces années, quelques projets comme Galileo pour la navigation par satellite ont redonné un peu d'espoir. Ce dernier doit permettre en effet de créer d'ici 2008 près de 140 000 nouveaux emplois.
Enfin, la multiplication des centres d'appels est sans doute un vecteur important dans la création d'emplois pour les spécialistes des télécommunications.
Des jeunes de plus en plus méfiants
Malheureusement, les années de vaches maigres ont rendu les jeunes très frileux et l'image des entreprises de high-tech et des opérateurs en général a fortement souffert. Aussi, leur préfèrent-ils désormais des groupes plus traditionnels. C'est ainsi qu'en 2002, Cégétel avait disparu du classement des entreprises préférées des jeunes diplômés bien plus attirés par Danone ou Renault. Pour préparer cette mutation, les grandes écoles ont su réagir. Si elles n'ont pas subi de baisses d'effectifs trop importantes, elle ont mis en place des stratégies de polyvalence et de multiplication des compétences pour mieux préparer leurs étudiants aux fluctuations du marché de l'emploi.