Jeudi 21 Aout 2008
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S'il est fréquent désormais de faire une ou plusieurs années d'études à l'étranger - certaines écoles ont même rendu cette étape obligatoire ! - il l'est beaucoup moins de suivre l'ensemble de son cursus supérieur dans un autre pays. C'est pourtant ce qu'a fait Christelle Munoz, titulaire d'un Master of Art et Charg ée de la Communication en Chambre de Commerce.
Direct Emploi : Une fois votre bac en poche, vous êtes partie aussitôt pour l'Angleterre : pourquoi ce choix ?
Christelle Munoz : A cette époque, je voulais devenir enseignante ! Mais à la fin de ma terminale, je me sentais très à l'aise en anglais écrit, mais complètement démunie à l'oral ! J'ai en plus une attirance très particulière pour la culture anglaise. C'est pourquoi j'ai voulu aller apprendre cette langue dans le pays. J'ai choisi l'université de Plymouth pour que le dépaysement soit total ! Il y a beaucoup trop de Français dans les écoles londoniennes : je voulais résister à la tentation de communiquer trop facilement.
Direct Emploi : Qu'avez-vous pensé de l'enseignement supérieur anglais ?
Christelle Munoz : Je craignais la trop grande autonomie laissée aux étudiants dans les facs françaises. En Angleterre, j'ai trouvé une enseignement très ciblé et très complet, et surtout très encadré ! Nous avions trente-cinq heures de cours hebdomadaires dont seize heures de face à face et dix-neuf heures de travaux personnels encadrés. Lorsqu'on a une recherche à faire ou une question à poser, il y a toujours quelqu'un à qui s'adresser.
Direct Emploi : Voit-on beaucoup d'étudiants abandonner leurs études en cours de route ?
Christelle Munoz : Il y a très peu d'abandon, sans doute parce que nous ne sommes jamais livrés à nous mêmes et que les classes n'excèdent pas vingt personnes, ce qui est très stimulant. J'ai vraiment trouvé dans le système anglais l'organisation qu'il me fallait !
Il faut ajouter que les études sont payantes et très chères ! On doit compter à peu près 25 000 fr. par an pour une année d'université ; c'est une motivation supplémentaire !
Direct Emploi : Comment les jeunes Anglais financent-ils leurs études ?
Christelle Munoz : Il est souvent nécessaire de travailler pour payer ses études, d'autant plus que les jeunes quittent en général leur famille lorsqu'ils rentrent à l'université. Ils doivent donc payer un internat ou louer une chambre. Mais les banques prêtent très facilement de l'argent aux étudiants.
Direct Emploi : Quelle formule avez-vous choisie ?
Christelle Munoz : Je n'avais pas vraiment envie d'être interne, et j'ai loué un appartement. Il faut préciser que les prix dans le Devon ne sont pas ceux de Londres. Puisqu'il s'agit de locations saisonnières, les appartement ne coûtent rien hors saison. Néanmoins, je travaillais le soir comme réceptionniste pour financer mon appartement et mes études.
Direct Emploi : Vous êtes-vous intégrée facilement ?
Christelle Munoz : Les Anglais sont très accueillants, surtout à l'égard des Français, et j'ai gardé beaucoup d'amis en Angleterre. Mais les contacts sont faciles à condition d'être présenté par quelqu'un, et cela même chez les jeunes ! Les gens s'entraident aussi très facilement. Pour ouvrir un compte à la banque et trouver un appartement, le Directeur de l'hôtel où je travaillais m'a présentée et s'est porté caution. Autrement, cela aurait certainement pris beaucoup plus de temps !
Direct Emploi : Ces études à l'étranger ont-elles facilité votre parcours professionnel ?
Christelle Munoz : Lorsque je suis rentrée en France, j'ai passé mon CAPES d'anglais pour devenir enseignante. 15 jours à la Courneuve ont eu raison de ma vocation ! J'ai donc démissionné de la Fonction Publique, et après une transition comme hôtesse de l'air chez British Airways, et plusieurs expériences en organismes de formation, j'ai obtenu ce poste à la Chambre de Commerce. J'assure les missions de communication pour le groupe et ses écoles ainsi que le recrutement et des candidats.