Mercredi 9 Juillet 2008
Tous les Fils RSS EmploiAccueil > Emploi par thème > Emploi interim > Adecco : Le temporaire et le permanent font désormais bon ménage
Dans le contexte de la nouvelle loi de cohésion sociale, les sociétés d’intérim peuvent désormais se lancer dans le marché du recrutement permanent. Riche d’un fichier important et de sa parfaite connaissance des bassins d’emplois, Adecco s’attaque à ces nouveaux marchés avec des résolutions originales que nous fait découvrir Christophe Catoir, responsable du recrutement permanent.
Directemploi : Pourquoi les sociétés d’intérim peuvent-elles désormais se lancer sur le marché du recrutement en CDD ou CDI ?
Christophe Catoir :Ces nouvelles prérogatives s’inscrivent dans le contexte juridique de la loi de cohésion sociale qui autorise les sociétés d’intérim à prendre en charge le recrutement permanent pour le compte de leur client. Le point de départ est donc une décision gouvernementale qui cherche à fluidifier le marché de l’emploi. On est confronté aujourd’hui à un chômage important, et dans le même temps, 300 000 annonces ne trouvent pas preneur.
Les sociétés d’intérim ont l’avantage d’être très proches des bassins d’emploi. Avec nos 5000 sites, chez Adecco, la mise en relation entre les candidats et les employeurs est beaucoup plus simple.
Directemploi : Quelles relations entretiendrez-vous avec l’ANPE ou l’APEC ?
Christophe Catoir :Nous allons travailler en complémentarité. L’ANPE demeure incontournable dans la mesure où elle dispose du fichier de candidats le plus complet. De notre côté, nous avons une excellente connaissance des bassins d’emploi et nous misons également sur notre réactivité. Le nombre d’opportunités de placements s’en trouvera doublé. En fonction de la demande du client, soit nous trouverons le candidat dans nos propres fichiers, soit nous solliciterons l’ANPE. Les sociétés d’intérim, tout comme l’ANPE, ont une obligation de résultats ; nous avons donc tout intérêt à travailler en complémentarité.
Directemploi : Comment les intérimaires perçoivent-ils ces nouveautés ?
Christophe Catoir :Trois intérimaires sur quatre recherchent un statut de CDI. Le quart restant souhaite conserver la souplesse et la liberté de l’intérim. Nous allons donc travailler sur plusieurs segments de marché. Le travail temporaire est toujours très apprécié dans des secteurs comme l’industrie ou la restauration qui le voient souvent comme une période de test. A côté de cela, l’administration ou le tertiaire recherchent davantage des salariés pour des CDI avec une période d’essai.
Directemploi : Vous allez forcément concurrencer le marché des cabinets de recrutement ?
Christophe Catoir :Dans la recherche de cadres ou de commerciaux que les entreprises externalisent facilement, nous serons en effet en concurrence avec les cabinets. Cependant, dans le domaine de l’industrie ou du tertiaire, il n’y a pas d’externalisation importante pour des postes moins qualifiés. Les entreprises, et plus particulièrement les PME et les PMI, n’ont pas l’habitude de sous-traiter le recrutement d’un agent de production ou d’une secrétaire. C’est ce créneau que nous allons tenter de développer.
D’autre part, nous ne ferons pas de chasse directe, mais si un candidat en poste postule chez nous, nous prendrons bien sûr en compte sa candidature. Nous allons chercher à attirer des candidats diplômés et à développer notre présence dans les écoles. C’est vraiment l’axe majeur pour renforcer notre attractivité.
Directemploi : Chez Adecco, comment allez-vous gérer ces nouvelles opportunités ?
Christophe Catoir :Nous avions le choix entre deux approches : d’une part, nous concentrer sur les candidats inscrits dans nos agences et leur trouver un contrat, ou alors nous tourner également vers d’autres candidats pour répondre aux nouvelles demandes de nos clients. C’est cette solution que nous avons retenue et qui nous amène à recruter des consultants extérieurs pour des process de recrutement plus sophistiqués.
Un recrutement permanent implique un diagnostic du poste, une sélection et un suivi du candidat plus approfondis, d’autant que nous sommes amenés à rechercher de très hautes compétences pour certains de nos clients. C’est pourquoi nous allons ouvrir vingt structures avec des consultants expérimentés, spécialisés à la fois dans le recrutement et dans la fonction commerciale. Six de ces structures fonctionnent déjà. A côté de cela, nous ferons appel à des consultants très motivés que nous formerons en interne pour les recrutements de postes moins qualifiés.
D’autre part, nous sommes les seuls à avoir pris l’option du succès. En d’autres termes, cela veut dire que le client ne paye que si le candidat est en poste. En général, les consultants prennent souvent 30 à 40 % des honoraires dès le début de la recherche ; nous nous donnons au contraire une obligation de résultat, et les entreprises n’engagent pas de frais au départ, ce qui est particulièrement intéressant pour les PME-PMI.
Directemploi : Quelles seront à votre avis les conséquences de ces grands changements dans l’univers du recrutement ?
Christophe Catoir :Il y aura sans doute dans l’avenir plus d’externalisation. Des entreprises qui n’en avaient guère le temps vont devoir vendre leur image pour attirer les compétences et devront passer par des professionnels pour le faire. Dans un marché tendu, les candidats auront besoin de plus en plus d’adhérer à un projet ou à une image d’entreprise. Il faudra aussi développer de plus en plus une logique de proximité avec les candidats, et nous sommes particulièrement bien placés pour coacher leur premiers pas dans l’entreprise.