Vendredi 21 Novembre 2008

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Crit Intérim : Un grand qui sait rester proche...

interim critUne politique régionale forte, des liens de proximité entre les salariés et les entreprises que l'on entend bien préserver ; voici quelques-uns des points forts de Crit Intérim, quatrième acteur français sur le marché du travail temporaire. Entretien avec Daniel Barus, Directeur Général de Crit Intérim




Directemploi : Crit Intérim a connu en 2001 une croissance spectaculaire : pour quelles raisons ?

Daniel Barus :Crit Intérim a été fondé en 1962. La société a connu pendant plusieurs années une progression linéaire. Notre grande évolution a eu lieu fin 2001 lorsque Crit Intérim a fait l'acquisition d'Euristt. Nous avons consacré les deux années suivantes à fédérer les deux sociétés en un seul réseau et nous sommes désormais parfaitement structurés avec 350 agences en France et 6% de part du marché.

Directemploi : On vous connaît comme un généraliste de l'intérim : vous avez cependant des spécialités ?

Daniel Barus :Nous sommes des généralistes et présents dans tous les secteurs du travail temporaire avec une orientation importante vers l'industrie. L'un de nos atouts, c'est par exemple notre très forte représentation dans l'industrie automobile, chez Peugeot, Renault, Ford ou encore Toyota, Nous nous sommes égalment spécialisés dans certaines niches comme Crit Médical, Crit Mode, Crit Événementiel ou encore Crit Aéronautique.
A côté de cela, Crit développe plusieurs activités : si le travail temporaire représente plus de 89% de notre chiffre d'affaires, les 11 % restants sont consacrés aux activités de Service aux entreprises dont l'assistance aéroportuaire. A ce titre, nous sommes présents à Roissy Charles de Gaulle, à Dublin et au Congo.

Directemploi : Quels sont actuellement les secteurs qui recrutent le plus d'intérimaires ?

Daniel Barus :L'emploi dans l'industrie a marqué une forte baisse en raison notamment des délocalisations vers les pays de l'Est comme la Roumanie ou la Tchéquie. Cette baisse se fait au profit des Sociétés de service aux entreprises qui sont de gros pourvoyeurs d'emplois, de même que la banque ou le BTP.

Directemploi : Le regard sur les intérimaires a changé. En même temps, on exige d'eux des qualifications de plus en plus importantes...

Daniel Barus :Aujourd'hui, il faut un minimum de qualification pour trouver un emploi, à commencer par le CAP. Nous assurons par ailleurs une part importante de formation puisqu'elle représente 2% de notre masse salariale. Nous proposons à nos intérimaires des formations qualifiantes et nous les aidons à construire un véritable plan de carrière.

Directemploi : On délègue aujourd'hui de plus en plus de cadres ; c'est quand même un grand pas en avant dans le monde de l'intérim ?

Daniel Barus :On délègue aujourd'hui de plus en plus de cadres, mais ils ne représentent que 1% des intérimaires ! Il est vrai néanmoins que nos grands clients nous demandent de plus en plus de l'intérim sur des missions d'informatique, dans le secteur des achats ou de la comptabilité.

Directemploi : Comment sont perçues désormais les expériences d'intérim sur un CV ?

Daniel Barus :Elles sont très bien perçues car elles garantissent la polyvalence du candidat et permettent à celui-ci de diversifier ses expériences. Un jeune cadre peut ainsi construire un CV et accéder à l'emploi avec plus d'expérience.

Directemploi : Néanmoins, le dialogue avec les banques ou les spécialistes de l'immobilier reste toujours difficile pour les intérimaires...

Daniel Barus :Depuis une quinzaine d'années, la profession a énormément développé les aspects sociaux avec le FASTT, le Fonds d'Action Sociale du Travail Temporaire, par exemple. Le statut des intérimaires a considérablement évolué. Ils accèdent désormais plus facilement au logement, à la location ou à la propriété, et aux prêts à la consommation.

Directemploi : On dit de plus en plus que l'avenir du travail est temporaire : partagez-vous cet avis ?

Daniel Barus :Tout à fait, et la loi de cohésion sociale ne fera qu'accentuer cette tendance, d'autant que les entreprises d'intérim auront leur rôle à jouer dans les futures Maisons de l'Emploi. Elles auront notamment le droit de faire du placement et du recrutement direct pour leurs clients. Ce sont donc des perspectives très importantes.

Directemploi : Qu'est-ce qui fait la différence entre Crit et les groupes concurrents ?

Daniel Barus :La structure de notre clientèle nous distingue de nos concurrents. Nous comptons en effet parmi nos clients 30% d'entreprises nationales et 70% de PME-PMI. Nous entretenons ainsi une politique d'implication régionale forte que nous souhaitons préserver. Au bout du compte, nous sommes un grand qui ménage ses qualités de proximité.