5 Juillet 2009

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Entreprise de conditionnement dans le Gard

Entreprise de conditionnement dans le GardDirecteur d'une entreprise de conditionnement dans le Gard Ingénieur agronome de formation, commercial par vocation, polyglotte par hasard... Éric, qui dirige aujourd'hui une entreprise de cent personnes spécialisée dans le conditionnement et la commercialisation des fruits, a toujours cultivé la polyvalence. Récit d'un itinéraire riche en rebondissements !


Le saut des générations

Lorsqu'il entreprend sa formation d'ingénieur en agriculture à l'ESITPA en 89, Éric n'a pas vraiment de projet professionnel précis mais une forte envie de travailler dans un domaine en relation avec la nature et l'agriculture : "Tout ce qui était en rapport avec le vivant me passionnait." explique-t-il.

Si l'on choisit souvent ces formations par tradition familiale, Éric, lui, a sauté une génération ! "Mon grand-père était gérant d'une exploitation agricole, raconte-t-il, et j'ai découvert par hasard dans les archives de l'ESITPA que ma grand-mère avait suivi cette formation...". Un choix peu commun pour les femmes de cette époque !

De son parcours à l'ESITPA, il garde d'excellents souvenirs : "La formation agri-agro est très généraliste, explique-t-il. On touche aux domaines animal et végétal ainsi qu'à la recherche, à la gestion et au management. Elle est en même temps très tournée vers le terrain puisqu'au cours des cinq années d'études, nous passons près d'un an en stage."

Naissance d'une vocation

Ce n'est qu'à la fin de ses études qu'il découvre la fonction commerciale. Un stage en Italie lui permet de se frotter aux rouages de la vente et de la négociation et de parfaire du même coup sa connaissance de la langue. Une seconde expérience le mène au Brésil où il effectue son service militaire dans le cadre de la coopération. Au pays de la salsa, Il délaisse alors l'italien pour le portugais tout en travaillant pour la politique agricole et culturelle du pays.

Grande distribution : le défi au quotidien

Fort de ces différentes expériences, il met une trêve à sa vie de globe-trotter et devient acheteur-vendeur pour une centrale d'achats : "Dans l'univers de la grande distribution, on est vraiment à bonne école ! raconte-t-il, car le défi est quotidien. Lorsqu'il vous faut 1000 kilos de radis pour le jour même, vous n'avez guère de temps à consacrer à la méditation !"

En somme, une expérience éprouvante mais très formatrice. Un seul regret pourtant : "Ce n'est pas véritablement un travail d'ingénieur car la réflexion a peu de place. Quand il faut en permanence remplir des lignes, il n'y a guère de questions à se poser !"

Les fruits de l'expérience

Mais ces expériences portent leurs fruits (c'est le cas de le dire !) puisqu'en 1994, Éric devient directeur d'une petite entreprise du Gard spécialisée dans le conditionnement et la commercialisation fruitière. Au fil des années, la petite société prospère et devient une entreprise internationale de cent salariés. Cent personnes qu'il faut encadrer, recruter et former. "Aujourd'hui, j'ai de nombreux relais, explique Éric, mais il a fallu tout mettre en place et organiser les cadres de ce fonctionnement."

Désormais, son quotidien se répartit entre l'organisation de l'approvisionnement des emballages et la gestion des bâtiments et des installations frigorifiques et électriques.

Des tâches qui ne doivent pas faire oublier le travail essentiel de prospection commerciale très orientée vers l'export. Au nombre de ses clients, l'entreprise compte de nombreux pays d'Europe et du Moyen-Orient.

"50% du travail a trait à la vente et l'autre moitié à l'organisation", précise Éric. Des chiffres qui varient bien sûr selon les saisons puisque l'été est surtout consacré à la négociation dans les centrales d'achats et auprès des grossistes.

Au coeur de la tourmente

Véritable intermédiaire entre les producteurs et les centrales d'achats, l'entreprise est au coeur des polémiques qui agitent le monde agricole. Si elle a assez peu souffert des conditions climatiques de cette année et de la pénurie des travailleurs saisonniers - "La région de Nîmes connaît une forte tradition agricole" précise Éric - elle est confrontée au quotidien au désarroi des exploitants : "Nous sortons d'une trentaine d'années de productivisme aidé par les subventions européennes, commente Éric. Désormais, les choses ont radicalement changé bien que l'on continue de travailler sur des modèles de production du passé.

Cela explique le désarroi de beaucoup d'exploitants obligés de s'aligner sur des conditions de marché plus réelles. Autrefois, les gains de productivité d'une entreprise étaient de 40%. Aujourd'hui, ils sont de 5 à - 20% ! Face à la concurrence européenne, les producteurs français doivent faire preuve de beaucoup d'imagination pour se battre. La profession agricole est obligée de se restructurer et de diminuer son potentiel. Cela explique que nous nous tournions moins vers l'export. Pour encourager la production, nous avons tendance à nous replier sur le marché français où il existe heureusement une forte demande de produits nationaux de qualité !