Vendredi 16 Mai 2008
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Alors que la mutation du secteur créé une demande de compétences nouvelles pour accompagner et même anticiper les défis techniques et économiques, l'INP Grenoble, qui se présente parmi les grandes universités technologiques européennes, a fait de l'énergie un axe de travail majeur, comme en témoigne sa forte implication dans le pôle de compétitivité Tennerdis aux cotés des industriels du secteur. Regroupant en tout neuf écoles, dont sortent ingénieurs et docteurs, l'INP Grenoble est aussi un acteur majeur dans le domaine de la formation continue technologique. Entretien avec Didier Pellegrino, responsable des relations industrielles du département formation continue.
Direct Emploi : A quelles évolutions doit répondre la formation aux métiers de l'énergie, et comment le fait l'INP ?
Didier Pellegrino : « Des marchés de plus en plus concurrentiels, une facture pétrolière qui augmente, des problèmes environnementaux liés au réchauffement climatique... L'énergie est en mutation. Pour répondre à ces nouveaux défis, l'INP Grenoble s'est engagé, le 15 novembre 2004, dans la création de PREDIS, véritable centre d'innovation, plateforme technologique de formation, et d'expérimentation sur l'énergie distribuée. PREDIS a été labellisé par le pôle de compétitivité Tennerdis en mars 2006.
Avec notamment, pour l'énergie, l'ENSIEG (école nationale supérieure d'ingénieurs électriciens de Grenoble) qui depuis 1903 a accompagné le développement industriel du sillon alpin et l'essor de la « houille blanche », ainsi que l'ENSHMG (école d'hydraulique), l'INP-Grenoble compte plus de 5300 étudiants. Elle décerne chaque année plus de 1000 diplômes d'ingénieur, près de 330 masters de recherche et 170 thèses de Doctorat, et une centaine de diplômes d'établissement. En matière de formation continue, l'université accueille chaque année 2200 stagiaires pour des formations qualifiantes ou diplômantes.
Très actif en recherche fondamentale et appliquée, l'établissement compte aussi 38 laboratoires de recherche, dont 4 laboratoires à l'international, 26 associés au CNRS et aux trois autres universités grenobloises, et neuf structures fédératives. Bref, un groupe puissant, à dimension internationale et qui collabore avec les établissements d'enseignement supérieur et de recherche de plus de 53 pays.
Ces moyens ne sont pas de trop ! Il faut dire que la gestion des ressources, par ses enjeux économiques et écologiques, fait de l'ingénieur électricien ou plus largement du spécialiste de l'énergie un homme clé de l'avenir. L'évolution technologique a élargi son champ de connaissances et de compétences. Il n'est plus seulement le responsable de la production ou du transport de l'énergie, mais aussi un concepteur de matériels, un électronicien, un automaticien et un traiteur de signaux.
Notre objectif est donc de former des ingénieurs capables de concevoir et réaliser des systèmes ayant une haute valeur industrielle, capables d'en assurer le fonctionnement dans des conditions optimales, compatibles avec l'environnement. »
Direct Emploi : Quelle place pour la formation continue ?
Didier Pellegrino : « Elle est essentielle ! De nombreux stages courts (de 2 à 5 jours pour se spécialiser dans une technique particulière) et différents cursus diplômants sont proposés en formation continue dans le domaine de l'énergie. L'accès en seconde année est possible dans une de nos écoles d'ingénieurs, après un cycle de remise à niveau (Bac + 2 avec trois ans d'expérience minimum, sur dossier), à l'ENSIEG (Energie Electrique), l'ENSHMG(Energie Hydraulique) ou à l'ENSPG( Energie Nucléaire).
Des masters sont également proposés, et notamment les masters « Electronique, Electrotechnique, Automatique, Traitement du Signal » et « Conception des Systèmes d'Energie Electrique ». Je rappelle qu'un master s'effectue en 2 ans ou 4 semestres : master 1 ou M1 en deux semestres (avec niveau de sortie BAC + 4) et master 2 ou M2 professionnel en 4 semestres (niveau de sortie BAC + 5). Le master « professionnel » a pour but de former des élèves en direction des entreprises. Le master « recherche » a pour vocation de préparer des étudiants pour poursuivre en thèse.
Pour intégrer un master, il faut être titulaire d'un niveau licence 3 ou équivalent. Pour accéder à un master 2, vous devez être titulaire d'un Master 1 ou équivalent. Il est possible d'intégrer l'une ou l'autre des deux années de master par la formation continue. »
Direct Emploi : L'alternance joue aussi un rôle...
Didier Pellegrino : « Nous avons effectivement des formations en alternance pour les techniciens. Le diplôme de manager technique Formatech, option énergie, permet ainsi à des techniciens de niveau Bac+2 ou équivalents d'accompagner leur évolution de carrière par l'apport d'une double compétence : maîtriser des sciences spécifiques à leur domaine d'activité, et devenir des managers de projets ou d'équipes.
Le diplôme MIDEP option énergie, quant à lui, s'adresse aux techniciens pouvant accéder à des fonctions de chef de projet. Ces techniciens doivent à la fois porter des savoir-faire technologiques et faciliter l'atteinte des objectifs industriels. Objectifs ici : développer les compétences transverses de conduite de projet et de management, et approfondir les compétences métier pour s'ouvrir et s'adapter aux évolutions technologiques. »
Pour en savoir plus :
INP Grenoble : www.inpg.fr
Formation Continue : http://formation-continue.inpg.fr
Pôle de compétitivité Tennerdis : http://www.inpg.fr/1141308303900/0/fiche___article/
Voir également : Entretien avec EDF.