Vendredi 21 Novembre 2008

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Métier : Natixis

NatixisNatixis est la filiale commune de deux grands groupes bancaires : Caisse d'Epargne et Banque populaire. Présente dans 68 pays, elle compte 24 000 employés. Parmi eux, des traders comme Antoine Ged. Le jeune homme a accepté de partager avec nous son expérience et son point de vue sur ce métier pointu.



DirectEmploi : Racontez-nous votre parcours.

Antoine Ged : Après une prépa scientifique à Marseille, j'ai intégré l'ENSIMAG, une école d'ingénieur en mathématiques et en informatique basée à Grenoble. Au cours de ma troisième année, je me suis inscrit en parallèle en master II de Recherche en finance à l'IAE (Institut d'Administration en Entreprise), à l'issue duquel j'ai été directement embauché chez Natixis – j'y avais déjà réalisé un stage l'année précédente. Ce qui m'a permis de faire l'impasse sur le stage de fin d'études. Ça fait deux ans que j'y travaille donc en tant que trader.

DirectEmploi : Comment décririez-vous votre métier ?

Antoine Ged : A la fois exigeant et passionnant. Il faut savoir qu'il existe deux sortes de traders. On peut être soi trader en produits dits « liquides », ce qui est mon cas. Soit trader en produits dits « exotiques » ou « structurés ». La différence entre les deux est assez complexe à expliquer. Disons que pour les produits « liquides » les transactions se font dans des délais beaucoup plus rapides que pour les produits « structurés ». Quand on achète ou qu'on vend des produits « liquides », on parie sur l'évolution du marché en fonction des données et des tendances qu'on observe, en espérant que la transaction nous sera profitable. Dans notre jargon, on appelle cela « prendre une position ».

DirectEmploi : C'est donc un métier exigeant disiez-vous ?

Antoine Ged : Oui, exigeant au niveau des horaires par exemple. En effet, il faut être impliqué car ça bouge beaucoup et rapidement ; on ne doit pas relâcher son attention. Il n'y a pas de temps de latence qui soit permis. On est sans cesse en position car le moindre événement peut tout faire basculer. Un tremblement de terre en Birmanie ou une canicule en Grèce peut tout faire changer sur telle ou telle position. Je me documente, je m'interroge en permanence et remet sans cesse en question mon jugement, surtout quand j'ai perdu de l'argent.

DirectEmploi : Quelles perspectives d'évolution professionnelle pour un trader ?

Antoine Ged : Je crois qu'on est trader toute sa vie (la vie professionnelle, j'entends). Certes, on a la possibilité d'évoluer vers une fonction de risk manager ou la gestion d'un desk ; mais tous les traders n'ont pas forcément envie d'endosser les responsabilités qui vont avec. Difficile aussi de travailler dans un autre domaine de la finance sans avoir besoin de compléter sa formation, parce que c'est un domaine de compétences pointu mais très circonscrit. En revanche, les salaires sont assortis de primes si on fait du profit et ils évoluent beaucoup avec l'ancienneté. Aux yeux des banques et des organismes financiers, l'expérience du trader senior, sa connaissance du marché, sont des atouts précieux.

DirectEmploi : Quelles sont les armes d'un bon trader ?

Antoine Ged : Il y en a une qui me paraît évidente : la chance. Etre là au bon au bon moment et saisir une opportunité. La principale qualité est la curiosité : être toujours à l'affût des évolutions du marché et savoir s'intéresser au monde, même quand certaines données paraissent sans intérêt. Des informations, prises séparément, peuvent être en apparence anodines ; et lorsqu'elles sont combinées, on réalise qu'elles peuvent influencer considérablement la valeur de tel ou tel produit. C'est cet aspect du métier qui est fascinant : j'ai beau occuper la même fonction depuis deux ans, je ne m'ennuie jamais. Chaque jour est différent.

Voir également : Entretien avec ALMEO PARTNERS - Entretien avec CLARINS.