Vendredi 16 Mai 2008
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Avec 5200 embauches prévues en 2006, dont 500 cadres, SNCF se situe au dixième rang des recruteurs en France. La société, qui cultive une certaine différence du fait de son statut, s'ouvre à la concurrence et prépare la relève de son management. Les opportunités sont fortes. Isabelle DELON, responsable du recrutement des cadres à la Direction déléguée des cadres et de l'institut du management de SNCF.
Direct Emploi : Quand on est une entreprise dont l'Etat est encore propriétaire, dans un marché du transport et du fret qui a vocation à se déréguler, comment séduit-on les nouveaux venus ?
Isabelle Delon : SNCF jouit d'abord de l'image d'une TRES grande entreprise : nos collaborateurs, et tout particulièrement les cadres, y trouvent une vraie diversité d'activités. L'évolution est une réalité : un jeune qui entre chez nous pourra bouger, à la fois horizontalement en changeant de métier, et verticalement en prenant la responsabilité de grosses équipes.
De plus s'il est vrai que le statut du salarié est spécifique, l'image de la société évolue : à côté de la notion de service public, qui est une valeur partagée par tous nos collaborateurs, nous sommes soumis à la concurrence. Le marché du fret est déjà concurrentiel et doit affronter le camion et maintenant de nouveaux opérateurs ferroviaires de fret ; celui des voyageurs, lui, est confronté à la concurrence de la voiture particulière et de l'avion et va s'ouvrir à la concurrence ferroviaire à partir de 2008.
Quant aux métiers, ils évoluent chez nous comme ailleurs, au gré de l'importance entre autres des nouvelles technologies et de la satisfaction du client. En cinq ans, nous sommes passés d'un volume de 30 000 à 40 000 CV reçus chaque année ! Pour résumer je dirais qu'aux yeux des candidats nous sommes une entreprise comme les autres… mais différente.
Direct Emploi : Qui allez-vous recruter cette année ?
Isabelle Delon : D'une part des personnes de niveau BEP, CAP, Bac à licence pour des postes d'employés ou de management intermédiaire dans la maintenance des matériels, la sécurité des voyageurs et plus généralement pour tous les métiers dits de « cheminots ». D'autre part, nous recrutons 500 cadres essentiellement destinés à absorber les départs naturels et à préparer l'avenir. C'est pourquoi 75% de nos recrutements concernent des jeunes diplômés ou jusqu'à trois ans d'expérience. Une partie correspond aussi à des besoins croissants liés à l'évolution du secteur, pour la maintenance des trains ainsi que le contrôle de gestion, en notant que les profils ont tendance à évoluer vers l'ingénierie, les méthodes, les systèmes d'information (les ERP).
Plus précisément, nous recherchons 120 ingénieurs généralistes ou spécialisés en génie industriel et génie mécanique par exemple (BAC +5 : écoles d'ingénieurs ou DESS/Master), pour la maintenance du matériel, 110 cadres pour le contrôle de gestion, issus par exemple d'un DESS de contrôle de gestion/audit. Mais aussi une centaine de spécialistes du génie civil et du génie électrique pour la maintenance des voies et des infrastructures ainsi que la régulation du trafic, une discipline particulière pour laquelle nous formons en interne. Ajoutons des commerciaux pour l'encadrement des équipes de vente et des équipes de contrôleurs et pour le développement du trafic fret.
Direct Emploi : Comment recrutez-vous ?
Isabelle Delon : Sachez tout d'abord que 90% des candidatures que nous traitons arrivent par notre site Internet ! Nous sommes présents dans les salons de recrutement, dans les forums organisés par les établissements d'enseignement. Nous entretenons des relations étroites avec une quarantaine d'écoles de commerce ou d'ingénieurs, avec les universités. Parmi nos initiatives : des conférences chaque année avec des dirigeants de l'entreprise et une centaine d'étudiants, des visites de sites…
Et depuis trois ans nous organisons le concours « Imaginons la SNCF de demain », doté de prix, où nous proposons aux étudiants de plancher sur un cas d'entreprise. Cette année, le thème est « le transport public de demain ». L'objectif est d'entretenir un contact en amont du recrutement, afin de favoriser les motivations pour venir rejoindre nos 24 000 cadres actuellement en poste.