Vendredi 16 Mai 2008
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Entre les grandes politiques européennes et les réformes indispensables à sa pérennité, notre Service public de Sécurité sociale est au seuil de grandes mutations : des défis passionnants pour ses gestionnaires qui seront au coeur de ces grands changements. Marie-Emmanuelle LE COCGUEN, Directrice de la formation initiale à l'Ecole Nationale Supérieure de Sécurité Sociale nous présente cette institution prestigieuse mais trop mal connue.
Emplacement dédié à l'entretien vidéo de Marie-Emmanuelle LE COCGUEN, Directrice de la formation initiale à l'Ecole Nationale Supérieure de Sécurité Sociale.
DirectEmploi : Quelle est la vocation de l'EN3S ?
Marie-Emmanuelle LE COCGUEN : L'EN3S a été créée il y a quarante-sept ans, de même qu'un certain nombre d'écoles de l'administration d'Etat qui fonctionnent sur le même modèle que l'ENA et qui recrutent et forment ainsi leurs cadres dirigeants. Elles présentent d'ailleurs de nombreuses similitudes dans leurs concours d'entrée.
DirectEmploi : Quels sont les critères d'admission ?
Marie-Emmanuelle LE COCGUEN : On peut intégrer l'Ecole de deux manières, soit par le concours externe, soit par le concours interne après quatre ans d'expérience dans un organisme de Sécurité sociale.
Vidéo présente dans l'espace vidéo.
A côté de la formation initiale, nous proposons un vaste programme de formation continue dans des domaines très larges. Cela va des certifications de parcours à l'acquisition de nouvelles compétences, notamment pour des cadres étrangers qui viennent régulièrement puiser dans notre expérience.
DirectEmploi : Quels sont les profils des étudiants de l'EN3S ?
Marie-Emmanuelle LE COCGUEN : Pour les cursus initiaux, nos principaux viviers sont les filières universitaires, comme la finance, la comptabilité ou le droit mais également les diplômés de Sciences-Po et d'Ecoles Supérieures de Commerce.
DirectEmploi : Quels sont les principaux enseignements ?
Marie-Emmanuelle LE COCGUEN : Le cursus comprend trois grands types d'enseignements. Le premier, qui fait aussi notre singularité, vise le développement personnel des élèves, avec par exemple des référents-coach tout au long de la formation et un accompagnement par des consultants pour évaluer sa propre cartographie de compétences et bien sûr la faire évoluer (bilans, tests de personnalité, etc).
A côté de cela, une grande partie du programme est consacrée aux politiques publiques sociales comme les politiques de santé. On en mesure les enjeux, les principaux acteurs, les dimensions européennes et internationales, etc. Cette partie du programme propose également des enseignements plus spécialisés selon l'affectation des élèves. Ce peut-être par exemple l'Assurance Maladie avec des enseignements sur la politique du médicament, le droit de la santé ou la prévention sanitaire.
Enfin, la dernière grande partie est consacrée à la gestion des organismes de Sécurité sociale. Les étudiants doivent acquérir des compétences de chefs d'entreprises et par conséquent connaître le droit du travail et les conventions collectives, les techniques de management d'équipe et de projet, la gestion, et bien sûr les nouvelles technologies de l'information dans le domaine du Service public.
DirectEmploi : Vous proposez des avantages multiples : rémunération, hébergement.
Marie-Emmanuelle LE COCGUEN : Nous fonctionnons à l'instar d'autres grandes écoles comme l'ENA et nous offrons en effet une rémunération au cours de la scolarité en contrepartie d'un engagement de dix ans dans le Service public.
Les conditions de formation sont très favorables (hébergement, moyens technologiques et pédagogiques…) : c'est l'intérêt d'un système hybride alliant la dynamique d'une gestion privée à la mission de Service public.
DirectEmploi : Combien d'étudiants accueillez-vous par an ?
Marie-Emmanuelle LE COCGUEN : Nous proposons tous les ans de soixante à soixante dix postes sur toute la France.
DirectEmploi : Les futurs cadres dirigeants de la Sécurité sociale participeront-ils aux grands bouleversements qui s'annoncent ?
Marie-Emmanuelle LE COCGUEN : Absolument ! Les grandes orientations sont à la fois amorcées et relayées par les organismes qui contribuent activement à l'optimisation du système par la collecte et la maîtrise des dépenses pour contribuer au renforcement de notre modèle social. L'avenir est prometteur en termes de stratégies à développer.
DirectEmploi : La dimension internationale et surtout européenne est donc de plus en plus importante ?
Marie-Emmanuelle LE COCGUEN : Elle est déjà présente dans la scolarité puisque les étudiants participent à un cycle international d'un mois sur les dix-huit mois de formation avec un stage obligatoire dans un pays européen. Ils travaillent sur les comparatifs de fonctionnement d'un système à l'autre et bien évidemment sur les conditions d'exportation d'expériences ou de pratiques qui ont fait leurs preuves. : la Suède ou la Finlande dans le domaine des modes d'accueil de l'enfant, la Belgique dans celui de la simplification des déclarations. Autant d'échanges alimentant la réflexion des cadres dirigeants français.
Pour en savoir plus : www.en3s.fr